Accueil du site > Actus militantes > Gaza, Palestine : La position de Marek Edelman en 2002 et 2008 vendredi 2 janvier 2009, par François Soltic

Gaza, Palestine : La position de Marek Edelman en 2002 et 2008

Commandant de l’insurrection du Ghetto de varsovie


Ancien commandant de la résistance juive en Pologne, vous qualifiez les combattants palestiniens de "partisans". Entendez-vous provoquer le gouvernement israélien, qui, lui, parle de "terroristes" ?

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Trois questions à ... Marek Edelman

- Ancien commandant de la résistance juive en Pologne, vous qualifiez les combattants palestiniens de "partisans". Entendez-vous provoquer le gouvernement israélien, qui, lui, parle de "terroristes" ?

- Pas du tout. Je me réfère, tout simplement, à la façon de combattre : des civils, vivant dans leurs maisons ou dans un maquis, se livrent à des actions terroristes ponctuelles, puis se retirent à nouveau chez eux. Pour moi, le terme "terroriste" n’a aucun contenu idéologique. Des "partisans" en Amérique latine peuvent agir au nom de narcotraficants ; en Irlande, ils agissaient au nom d’un chauvinis me national ou religieux. En parlant de "partisans", on n’approuve ni, a fortiori, ne glorifie aucun de ces combats. En tout cas, c’est dans cet esprit que j’ai utilisé le mot.

- Des journaux israéliens vous reprochent d’avoir établi un parallèle entre l’insurrection du ghetto de Varsovie et le combat des Palestiniens, un amalgame d’autant moins admissible que la question d’attentats contre des civils ne se serait pas posée face aux nazis.

- Je ne fais aucun amalgame, je récuse totalement cette accusation. Il suffit de lire ma lettre pour constater que je n’ai jamais établi le parallèle qui m’est reproché. Par ailleurs, la presse israélienne a tort de penser qu’à l’époque nous n’aurions pas pu frapper des civils allemands. Il y avait, en effet, les femmes et les enfants des soldats allemands. Très concrètement, dans un café à Cracovie, l’une de nos cellules aurait pu atteindre vingt-cinq civils et deux soldats allemands, mais nous avions décidé de ne pas mener cette action, pour des raisons de principe.

- Le gouvernement israélien ne veut pas entendre parler de votre proposition de médiation. Quels sont les contacts que vous aviez pris, côté palestinien, pour vous assurer que votre Lettre ouverte y serait mieux accueillie ?

- J’ai discuté avec des Palestiniens, aussi bien à Gaza qu’ici à Lodz. Toujours, ils se sont déclarés prêts à faire des pas pour la paix. Quelles sont leurs intentions réelles ? Je ne peux pas le savoir, à moins de les mettre à l’épreuve. Cette idée m’est venue à la suite d’une visite, chez moi, de délégués palestiniens en Pologne, dont Omar Faris. C’est lui qui m’a dit qu’il avait informé[le président de l’Autorité palestinienne]Yasser Arafat de ma lettre. C’est sur cette base que je me suis avancé. Je n’ai pas de contact direct à la présidence palestinienne.

Propos recueillis par Stephen Smith

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VERBATIM "Un groupe de partisans ne peut remporter une victoire définitive"

Voici le texte de la lettre ouverte publiée par Ha’aretz, écrite le 1er août par Marek Edelman.

"A tous les chefs d’organisations palestiniennes militaires, paramilitaires ou de guérilla

A tous les soldats de groupes militants palestiniens :

Je m’appelle Marek Edelman. Je suis l’ancien commandant adjoint de l’Organisation militaire juive en Pologne, l’un des chefs de l’insurrection du ghetto de Varsovie. Dans l’année mémorable de cette insurrection, en 1943, nous luttions pour la survie de la communauté juive à Varsovie. Nous nous battions pour notre vie, pas pour un territoire, ni pour une identité nationale. Nous nous battions avec une détermination désespérée, mais nos armes n’étaient jamais dirigées contre des populations civiles sans défense, nous n’avons jamais tué des femmes et des enfants. Dans un monde dépouillé de principes et de valeurs, malgré le danger constant de la mort, nous sommes justement restés fidèles à ces principes et valeurs.

Nous étions isolés dans notre combat et, néanmoins, l’armée puissante à laquelle nous faisions face n’a pas réussi à détruire les garçons et filles à peine armés que nous étions. Notre lutte à Varsovie a duré plusieurs semaines, puis nous nous sommes battus dans la clandestinité et pendant l’insurrection de Varsovie, en 1944.

Cependant, nulle part au monde, un groupe de partisans ne peut remporter une victoire définitive, nulle part une guérilla ne peut être défaite par des armées, aussi bien équipées soient-elles. Votre guerre ne peut non plus apporter une solution. Le sang sera versé pour rien, et des vies seront perdues des deux côtés.

Nous n’avons jamais manqué d’égards pour la vie. Nous n’avons jamais envoyé nos soldats à une mort certaine. La vie est éternelle. Nul n’a le droit de l’ôter à la légère. Il est grand temps pour tout le monde de comprendre précisément cela.

Regardez autour de vous. Regardez l’Irlande. Après cinquante ans d’une guerre sanglante, la paix est arrivée. D’anciens ennemis mortels se sont assis à la même table. Regardez la Pologne, Walesa et Kuron. Sans coup férir, le système criminel communiste a été défait. A la fois vous et l’Etat d’Israël devez changer radicalement d’attitude. Vous devez vouloir la paix pour sauver des centaines et peut-être des milliers de gens, pour créer un meilleur avenir pour ceux que vous aimez, pour vos enfants. Je sais de ma propre expérience que l’actuel déroulement des événements dépend de vous, les chefs militaires. L’influence des acteurs politiques et civils est beaucoup plus petite. Certains d’entre vous ont étudié à l’université de ma ville, Lodz, et certains d’entre vous me connaissent. Vous êtes assez sages et intelligents pour comprendre que, sans paix, il n’y aura pas d’avenir pour la Palestine, et que la paix ne peut être obtenue qu’au prix de concessions des deux côtés.

Je demande aussi à [l’ex-] président Bill Clinton, à [l’ancien] ministre Bernard Kouchner et au [député] Daniel Cohn-Bendit de soutenir mon appel. Je voudrais vous rappeler notre position commune au sujet de la guerre en Yougoslavie. Peut-être cette guerre, la guerre qui ne peut être gagnée, peut-elle être stoppée et remplacée par des pourparlers qui mènent à un accord.

Peut-être devrions-nous chercher un médiateur, qui n’a pas besoin d’être un politique, mais plutôt une personnalité d’autorité morale irréfragable, quelqu’un qui place la vie dans la dignité et la paix pour tout le monde au-dessus de tout objectif politique."

Source Article

Les filles et les fils de Marek Edelman...... (publié le lundi 5 mai 2008)

Liliane Cordova Kaczerginski, Sonia Fayman, Pierre Stambul, Patrick Feldstein et d’ Henri Curiel, Schmerke Kaczerginski, Lucien David Fayman, Jacov Stambul, Dvoira Vainberg…A 65 ans du soulèvement du Ghetto de Varsovie, nous rendons hommage a tous ceux, modestes héros et héroïnes qui ont engagé leur vie dans une bataille face à l’armée d’un pouvoir qui contrôlait presque toute l’Europe.

Face à l’oppression, il y a toujours résistance : contre le nazisme en France, a Vilnius, en Allemagne même et, des années après, en Egypte et en Algérie contre le pouvoir colonial aussi bien qu’en Afrique du Sud contre l’apartheid.

Il en est de même aujourd’hui : les masques changent mais c’est toujours le même combat.

Nous, filles et fils de résistants au nazisme, affirmons notre soutien à la résistance palestinienne, car le pouvoir sioniste en Israël a usurpé notre nom collectif (juifs) pour, en notre nom disent-ils, mener une politique de répression coloniale féroce et d’apartheid.

L’hommage à nos parents, martyrs ou survivants, est à l’unisson de l’hommage aux résistants du peuple palestinien dont les droits fondamentaux, humains et nationaux sont bafoués, jour après jour depuis 60 ans.

Lililane Cordova Kaczerginski, fille de Schmerke Kaczerginski qui a participé à la création de la F.P.O., Fareinigte Partizaner Organizatie (Organization Unifiée des Partisans) dans le ghetto de Vilnius en 1941. Après le départ du ghetto par les égouts, il a combattu dans les rangs de la Guérilla Lituanienne en Biélorussie sous commandement soviétique ; a participé a l’explosion des 50 trains de l’armée nazie ; décédé en Argentine.

Sonia Fayman, fille de Lucien David Fayman, membre de la Sixième, réseau de résistance des Eclaireurs israélites de France (cache d’enfants) et du réseau Buckmaster (parachutage d’armes et attentats contre l’occupant nazi), arrêté par la Gestapo à Toulouse, torturé, emprisonné à Fresnes puis à Compiègne. Déporté à Buchenwald, Dora, Hartzungen jusqu’à la libération. A consacré sa retraite à décorer les Justes qui ont caché des enfants au péril de leur vie. Décédé en 2007.

Pierre Stambul, fils de Jacov Stambul (Bessarabien), membre de la MOI et du groupe Manouchian ("triangle" de Boczor). Arrêté en novembre 1943. Torturé par la police française (simulacre d’exécution). Déporté à Buchenwald, libéré en mai 1945. Décédé en 1989. Et fils de Dvoira Vainberg (Bessarabienne), membre de la MOI à Paris, décédée en 1997.

Patrick Feldstein, fils de Mordechaï Feldstein né à Paris en 1927 décédé en 1993 et petit fils de Pinkus Feldstein connu dans le réseau sous le nom de Louis Lefèvre, né à Ploeisti en 1895 en Roumanie, décédé en 1971, tous les deux résistants à Lyon dans le réseau FTP M.O.I Carmagnole et plus tard à l’UJRE en 1943. Pinkus Feldstein ancien du bataillon Fraenkel de la brigade Dombrowski jusqu’en 1937 pendant la guerre d’Espagne. Tous les deux ont refusé toutes les médailles et tous les honneurs que la France leur proposait.

publié par l’UJFP

Marek Edelman, dernier survivant du ghetto de Varsovie dimanche 21 décembre 2008 - 08h:38


La part d’ombre de l’histoire juive et l’abjecte actualité de l’oppression raciste et coloniale en Palestine, ne peuvent dissimuler l’authentique part de lumière de ce qui fut une religion avant de devenir l’histoire d’êtres d’exception.

Et parmi ces hommes, ces Justes d’entre les Justes, Marek le Polonais, Marek Edelman, aujourd’hui dernier survivant du soulèvement du ghetto de Varsovie.

Marek Edelman soutient Ahmadinedjad

L’histoire juive a sa part d’ombre. La tradition juive, la culture juive... Elles ne sont pas sans tache... Le savent, ceux qui ont lu Shahak ; ceux qui connaissent la terrible vérité des tribunaux rabbiniques de l’époque médiévale, ou le martyre de Baruch Spinoza, banni pour avoir pensé en philosophe, en homme libre... Et même les vrais écrits de Maïmonide... Sans parler du sanglant boucher de Sabra et Chatila, Ariel Sharon, l’héritier "spirituel" du fasciste Jabotinsky, autant que du raciste Théodore Herzl, aujourd’hui rattrapé par son destin, à l’agonie sur son lit d’hopital...

Mais cette part d’ombre, trop souvent tue, et l’abjecte actualité de l’oppression raciste et coloniale en Palestine, ne peuvent dissimuler, ni relativiser, d’aucune façon, l’authentique part de lumière de ce qui fut une religion, et pas des plus douces, avant de devenir l’histoire d’êtres d’exception, dont le nom mérite de rester gravé, à tout jamais, sur les pierres de l’Humanité.

Parmi ces hommes, parmi ces Justes d’entre les Justes, Marek le Polonais. Marek Edelman, aujourd’hui dernier survivant de l’immense épopée que fut, sous la botte nazie, le soulèvement du ghetto de Varsovie. On parle peu de lui. En reprenant un fort article d’Eilat Nadav, pour Yediot Aharonot - un quotidien israélien - le Courrier International lui rend, en cette semaine anniversaire de l’insurrection juive du 19 avril 1943, un hommage mérité.

Edelman a refusé de participer aux cérémonies commémorant, dans cette Pologne qu’il n’a pas voulu quitter - même et surtout pas pour "l’Etat Juif" construit sur l’ "épuration ethnique" des "ghettos" arabes de Palestine - l’héroïque soulèvement de 1943. Il ne craint pas, raconte la journaliste qui est allé le rencontrer à Lodz, que sa mort sans doute prochaine, "ne fasse tomber dans l’oubli l’insurrection du ghetto de Varsovie". -"Non, cet événement a laissé trop de traces dans l’histoire, la littérature, et l’art. C’est en Israël qu’on risque d’effacer notre souvenir."

Marek Edelman, devant le monument aux héros de l’insurrection du ghetto de Varsovie, le 19 avril 2007.(AFP) "Pour vous Israéliens, me dit-il, la guerre de Six Jours de 1967 a été l’événement le plus important de l’histoire juive contemporaine. Vous pouvez vous appuyer sur un Etat, des chars, et un puissant allié américain. Nous, nous n’étions que 200 jeunes avec six revolvers pour tout armement, mais nous avions la supériorité morale".

"Campant", s’étonne la journaliste, "sur son opposition implacable à l’éthique israélienne", le héros de l’insurrection anti-nazie du ghetto juif de la capitale polonaise n’a aucun doute sur l’avenir de l’entité raciste de Tel Aviv : "Israël ne pourra survivre dans une mer de 100 millions d’Arabes".

Fils d’un couple de militants du Bund, l’Union Générale Juive des Travailleurs, le grand parti juif socialiste et non sioniste d’Europe orientale - un parti viscéralement opposé à la création d’Israel -, Marek raconte : "Nous avons été marqués par les juifs de Chelmno, qui s’étaient laissé déporter sans résister. Il n’était pas question que cela se reproduise à Varsovie" (Mémoires du Ghetto de Varsovie - Liana Levi ed, 2002).

Interrogé par la journaliste israélienne sur les premières actions "terroristes" de la Résistance juive - dirigées contre "la police juive du ghetto, dont les membres avaient multplié les exactions" : "c’étaient des traîtres, dit-il, sèchement. Ils n’étaient pas obligés de collaborer avec les nazis, mais ils pensaient que c’était une bonne manière de gagner de l’argent et de sauver leur peau".

"N’est-il pas logique que des Juifs fassent tout pour survivre ?", demande la voyageuse ?

"Ça, c’est votre philosophie d’Israélienne, celle qui consiste à penser qu’on peut tuer vingt Arabes pourvu qu’un Juif reste en vie. Chez moi, il n’y a de place ni pour un peuple élu, ni pour une ’Terre Promise’".

Les nazis "ayant autorisé l’ouverture d’un dispensaire dans le ghetto pour traiter les cas urgents", dans le but, en fait, "d’y pratiquer une sélection en amont et d’envoyer les malades dans les camps d’extermination", Marek décide de saisir la balle au bond. Il choisit de se faire recruter par les Allemands comme infirmier, "afin de recruter ceux qu’il jugeait aptes à rejoindre la Résistance". Participant ainsi, d’une certaine façon, mais à la guerre comme à la guerre, "à envoyer 400 000 personnes à la mort"...

"En 1942, poursuit la journaliste israélienne, plus des trois quart des 400 000 Juifs du ghetto de Varsovie avaient déjà été déportés et exterminés. Parmi les survivants, 30 000 personnes travaillaient comme esclaves dans les usines allemandes, et 30 000 autres se cachaient dans les souterrains (...) Le chapitre final de la liquidation du ghetto de Varsovie s’ouvrit la veille du jour de Pâques, le 19 avril 1943. Quand les Allemands pénétrèrent dans le ghetto, ils se heurtèrent à une forte résistance de la part de combattants qui tiraient des appartements déserts. Les Allemands commencèrent alors à incendier les immeubles les uns après les autres, et les abris dans lesquels s’étaien réfugiés de nombreux civils se transformètrent en pièges géants."

Les nazis lancent des bonbonnes de gaz. Beaucoup de combattants choisissent de se donner la mort. "Un chef n’a pas le droit de se suicider, commente aujourd’hui Edelman, impitoyable. Il doit se battre jusqu’au bout. D’autant qu’il était possible de fuir le ghetto, malgé les barrages. La preuve, c’est que nous sommes 15 à être parvenus à prendre la fuite."

Israël a transformé le suicide collectif du groupe de martyrs juifs du 18 rue Mila en "Massada du XX ème siècle". "Hystérie collective", répond Marek. Combattant de toujors, il est toujours en guerre : mais aujourd’hui, c’est contre les "professionnels de la mémoire" - coupables, à ses yeux qui ne cillent pas, d’une "éthique trop israélienne".

On comprend, commente cruellement YEDIOT, pourquoi "le cinéaste Claude Lanzman a choisi de ne pas lui donner la parole dans son film Shoah".

En se soulevant, dit-il, les "chebab" juifs de l’intifada sans espoir de Varsovie avaient hautement témoigné de leur "appartenance au genre humain".

"Le désastre qu’affronte le judaïsme européen n’est pas mon affaire"

Ben Gourion, cité par Tom Segev

("En prenant les armes contre ceux qui voulaient nous anéantir, nous nous sommes raccrochés à la vie et nous sommes devenus des hommes libres"). Libre, désormais, donc, et pour toujours, le petit juif du ghetto n’a pas de mots assez durs pour les sionistes - concentrés, à l’époque déjà, sur leur politique insensée d’épuration ethnique en "Terre Sainte"..."Le Mossad savait ce qui se passait ici. Ses agents se sont pourtant contentés d’évacuer les Juifs disposant d’argent, et encore, jamais pendant la guerre, et uniquement vers la Palestine.

Le fondement de l’idéologie de Ben Gourion et des siens, c’était la rupture avec la diaspora." ("Le désastre qu’affronte le judaïsme européen n’est pas mon affaire" (Ben Gourion, cité par Tom Segev (Le septième million, Liana Levi, 1993).

"Il eut mieux valu créer un Etat Juif en Bavière !", cingle encore Edelman.

"Exactement ce qu’a récemment proposé le Président de l’Iran, Mahmoud Ahmadinejad" ?

"Il raison, répond-il en s’esclaffant, le climat y est excellent."

Après s’être échappé du brasier du ghetto, où rôdaient, à ses trousses, des hordes de SS surexcités, guidés par des chiens de combat la bave au lèvres, en rampant dans les égoûts, il a rejoint la résistance polonaise - nationaliste, catholique et communiste. La paix venue, il a écrit un petit livre sec et précis, sans pathos. Et a fini ses études de médecine dans la seule patrie qu’il se reconnaisse, la Pologne. Il a soutenu Solidarnosc, et fait quelques jours de prison, pour cela, en 1981. Aujourd’hui, des imbéciles maculent les murs de sa maison de croix gammées, à l’occasion. Il en faudrait plus pour abattre cet indomptable. Ou pour qu’il se renie.

"De quel peuple juif parle-ton ?" dit-il encore. "Aujourd’hui Israel est un Etat culturellement arabe (...) Israël s’est créé sur la destruction de cette imense culture juive multiséculaire qui s’était épanouïe entre la Vistule et le Don. La culture israélienne, ce n’est pas la culture juive. Quand on a voulu vivre au milieu de millions d’Arabes, on doit se mêler à eux, et laisser l’assimilation, le métissage, faire leur œuvre."

Pour écouter ta mélodie, mon frère, pour l’absorber, pour la faire chair de ma chair, pour la faire mienne, j’ai ouvert grand les baies vitrées de mon studio de Pigalle, respirant la senteur des fleurs jaunes et blanches, sur mon balcon, dans le roucoulement doux de pigeons de Montmartre, que nourrissent les travelos, en bas, avec des miettes de pain... Et j’ai glissé dans la fente de mon Mac Mini l’Ave Maria de Schubert, chanté par une grande et superbe noire à la voix puissante...

Tu n’as pas voulu aller te perdre en Israël, Marek, tu as eu raison. Toi, le vieux sage indien des prairies avec ton beau visage tout ridé de Cochise. Ils t’auraient flingué sans pitié, comme Rabin. Ou empoisonné, comme l’Autre...Ces chiens...

Voir aussi l’article du Courrier international :

MAREK EDELMAN • L’insurgé perpétuel

“Quand on a voulu vivre au milieu de millions d’Arabes, on doit laisser le métissage faire son oeuvre.”

Marek Edelman


Coups de dent - Le blog de Ayman El Kayman

Chronique satirique hebdomadaire sur l’actualité politique française et mondiale

Mardi 30 décembre 2008

N°95 - Varsovie-Gaza

My nie chcemy ratować życia. Żaden z nas żywy z tego nie wyjdzie. My chcemy ratować ludzką godność (Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d’ici. Nous voulons sauver la dignité humaine)

Arie Wilner (alias Jurek) soldat de la ŻOB (Organisation juive de combat)

- Ils s’apppelaient Dawid Moryc Apfelbaum, Paweł Frenkel, Mordechaj Anielewicz., Marek Edelman.

Ils étaient tous jeunes. C’était des terroristes. Ils dirigeaient 220 combattants âgés de 13 à 22 ans, qui, pendant 119 jours, ont tenu tête à l’occupant. Presque tous sont morts, leurs armes dérisoires à la main. Cela se passait du 18 janvier au 16 mai 1943, dans une ville nommée Varsovie, en Pologne occupée.

400 000 Juifs avaient été enfermés par les occupants dans un Ghetto – créé le 12 octobre 1940, jour de Yom Kippour -, d’où ils étaient déportés. Une pognée de jeunes gens se sont révoltés et ont déclenché une résistance à outrance. Ils n’avaient pour toute nourriture que de l’eau et du sucre.

Le monde n’avait alors ni télévision ni Internet. Et pourtant il était au courant, du moins ses chefs, à l’Est comme à l’Ouest. Et il n’a rien fait pour leur venir en aide.

À la même époque, un résistant de l’intérieur était parvenu dans des conditions rocambolesques jusqu’à Londres et avait remis au gouvernement britannique des photos d’Auschwitz, demandant aux British de bombarder les lignes de chemin de fer conduisant des ghettos aux camps de concentration. On lui avait répondu que c’était trop tôt. Désespéré à cette nouvelle, un ministre juif du gouvernement polonais en exil se donna la mort.

Quand les USA de Roosevelt déclarèrent la guerre à l’Allemagne nazie, des antifascistes allemands, autrichiens, tchèques et autres réfugiés aux USA se portèrent volontaires pour s’engager dans l’US Army. Ils eurent beaucoup de mal à se faire accepter dans cette armée qui s’apprêtait à libérer l’Europe. C’est que leur fiche au FBI portait la mention « antifasciste prématuré » : tout réfugié qui avait été antifasciste avant que les USA le deviennent officiellement en déclarant la guerre au Japon et à l’Allemagne était suspect de…communisme. Le ghetto de Varsovie de notre siècle s’appelle Gaza.

Et Tzipi Livni a fait plus fort que ses prédécesseurs nazis : eux n’avaient pas bombardé le Ghetto de Varsovie. Elle, oui, elle envoie des bombes d’une tonne sur le Ghetto de Gaza. C’est son cadeau de Hannoukkah (la Fête des …Lumières) aux Untermenschen de Gaza.Hans Frank, gouverneur nazi de Pologne, a été pendu le 16 octobre 1945 à Nuremberg.

Qui pendra Tzipi Livni ?

PS : je sais, je sais, il n’y a pas de chambres à gaz à Gaza. Il n’y a même plus de gaz du tout.

PPS : je sais, je sais, certains vont me traiter d’antisémite. Cela ne me fait ni chaud ni froid. Un nazi, même juif, reste un nazi.

Bonne année, quand même ! Que la Force de l’esprit soit avec vous ! ...et à l’année prochaine !

Lu par 434 personnes depuis le vendredi 2 janvier 2009

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